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L’extraterritorialité sonne-t-elle le glas de la cyber ?

12 nov. 2024 - 08:31,
Tribune - Cédric Cartau

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Illustration L’extraterritorialité sonne-t-elle le glas de la cyber ?
Que Google vienne de se prendre une prune de 2,4 milliards d’euros dans l’affaire Foundem, somme toute, c’est « business as usual ». Le géant est habitué à ce genre de procès et aux amendes qui en résultent ; il a certainement un (gros) bas de laine pour faire face aux échéances. En 2022, c’est l’UE qui lui a infligé une amende de plus de 4 milliards d’euros. La routine, quoi… Si t’es un Gafam et que t’a pas eu ta prune à 1 milliard, t’es has been.

Par contre, une petite news[1] n’a pas été spécialement commentée par la presse généraliste : la prune administrée à Alphabet de 2 milliards de milliards de milliards de milliards de roubles (2 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 dollars), c’est-à-dire deux « undécillions » de roubles. Ce qui dépasse largement le PIB mondial qui s’élève à 110 000 milliards de dollars. L’amende risque d’être difficile à payer puisque la valeur boursière de l’entreprise n’est « que » de 2 000 milliards de dollars. Petite précision utile : selon la loi russe, non payée, cette amende double chaque semaine. Youpi tralala !

Inutile de signaler que coller ce genre d’amende ou dire à Google de déguerpir de Russie et de ne plus y mettre les orteils, c’est du pareil au même. D’ailleurs, par extension, la même mésaventure pend au nez des autres Gamam, Meta et X, entre autres, car le motif de la condamnation est d’avoir bloqué sur YouTube des chaînes prorusses (ou, pour être plus précis, d’avoir refusé de lever le blocage). La Russie applique ainsi le bon vieux principe d’extraterritorialité que les US manient à longueur de temps. Et la France aussi, du reste, dans d’autres registres et notamment le Code pénal (je vous conseille la lecture du très court article 113-1[2]). J’ai longtemps cru que les US avec le Patriot Act et le Cloud Act faisaient figure d’exception, mais en fait non.

Avec ce genre de décision, les événements sur le front ukrainien et (autre news passée sous le radar) la montée en puissance des Brics (je vous suggère cette vidéo assez édifiante[3]), s’achemine-t-on vers une nouvelle séparation franche Est-Ouest ? Si tel est le cas, on peut déjà commencer à envoyer des tech réseau préparer le débranchement des prises RJ 45 de la partie Brics de l’Internet.

Et alors on se prend à rêver… Plus de hackers russes ni chinois ni coréens (du Nord) ni Iraniens, ni, etc., etc., etc. On s’espionnera entre gentlemen/women occidentaux en tournant la petite cuillère dans la tasse, on écoutera les conversations téléphoniques de nos dirigeants rien qu’entre nous (enfin pour être plus exact on ne sera plus écouté que par les chewing-gums à Stetson, c’est souvent assez dissymétrique ce genre de truc). Bon, le seul hic, c’est que quand quelqu’un se rendra compte qu’on lui a chipé les plans de sa Renault 5 électrique (c’est un exemple) ou la recette du haggis (panse de brebis farcie, plat traditionnel écossais, faut vouloir, mais bon…), ça fera comme dans un repas de famille quand ça sent tout d’un coup l’œuf pourri et que tous les convives se regardent du coin de l’œil pour savoir qui a eu des flatulences. On peut s’attendre à des moments piquants.

Mais bon, rassurez-vous, couper la Russie d’Internet est apparemment impossible (l’Internet a justement été conçu pour que ce soit impossible), on est donc condamné à voir des attaques en supply chain prétendument attribuées à celui que ça dérange le plus, et tous mes potos RSSI et moi on n’est pas près de manquer de boulot. Cela étant, les premiers mois de la nouvelle présidence US avec Donald à la barre risquent d’être aussi intéressants que rock’n’roll.

Cédric, aussi dubitatif que goguenard.

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