Mon espace Santé : suspension de la transmission par les syndicats de biologie médicale
Mi-décembre, l’Alliance de la biologie médicale (ABM) a dénoncé « la surdité des pouvoirs publics sur les risques qu’une économie de 1,3 milliard d’euros ferait peser sur les laboratoires de biologie médicale ». Dès lors, les syndicats du secteur ont décidé de suspendre, à partir du 15 décembre et jusqu’à nouvel ordre, la transmission des données de biologie sur Mon espace Santé. Ils annoncent également « un mois de janvier noir » pour s’élever contre un système de santé au rabais incluant aussi la biologie.
Des discussions décevantes avec la Cnam
L’Alliance a récemment mené des discussions avec la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) sans aboutir à un accord soutenable pour la biologie médicale, soutient-elle. La proposition d’avenant à la convention transmise après une réunion de négociation vendredi dernier ne semble pas répondre aux interrogations des organisations syndicales, notamment sur le financement des missions de prévention, alors que le PLFSS 2023 devrait les accroître. Le texte maintiendrait un flou sur le périmètre de financement de l’innovation et des actes Covid, sans rien préciser sur les tarifs pour les années 2024-2026. L’Alliance a ainsi refusé de signer, en l’état, ce projet qui ne reprendrait aucune de ses propositions.
« Nous regrettons que la Cnam refuse, une nouvelle fois, de répondre point par point à notre proposition. Pour rappel, notre profession est prête à faire une contribution exceptionnelle de 250 millions d’euros en 2023 et à accepter des baisses de tarifs entre 2024 et 2026 pour un montant total de 685 millions d’euros », a déclaré l’ABM.
Une contreproposition des organisations syndicales
Pour l’Alliance, le projet gouvernemental d’une ponction de 1,3 milliard d’euros conduirait à la fermeture d’au moins 400 laboratoires de proximité, à la suppression d’au moins 10 000 emplois qualifiés et à une surcharge supplémentaire des services d’urgence. À ses yeux, sa proposition de compromis, « responsable et réaliste », aboutirait à une économie de 685 millions d’euros sur quatre ans pour l’Assurance maladie, sans remettre en cause le maillage territorial ni les emplois liés à l’activité.
En réaction au refus de la Cnam de retenir leurs orientations, les organisations syndicales ont décidé, à compter du 15 décembre, de suspendre toutes les remontées des informations de biologie médicale sur Mon espace Santé et de préparer une mobilisation nationale d’ampleur qui débutera après les fêtes. « La position inflexible des autorités nous force à durcir le mouvement, explique Alain Le Meur, porte-parole de l’ABM. La suspension de notre participation à Mon espace Santé est un nouvel avertissement. Si nos syndicats ont décidé de ne pas appeler à la grève sur la période des fêtes pour ne pas pénaliser les Français, les autorités peuvent d’ores et déjà se préparer à un mois de janvier noir pour la biologie. »
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Adopt AI 2025 : la santé passe à l’échelle, sous le regard du terrain hospitalier
01 déc. 2025 - 11:56,
Actualité
- Morgan Bourven, DSIHL’Adopt AI International Summit 2025 s’est tenu les 25 et 26 novembre dans le cadre prestigieux du Grand Palais. Artefact y a accueilli près de 20 000 participants, 600 intervenants et 250 exposants, avec un moment fort : la venue du président Emmanuel Macron. Pensé comme un lieu où les idées se tra...
Le moment Spoutnik de la cyber
24 nov. 2025 - 22:22,
Tribune
-En matière d’armement, on dit que ce qui compte vraiment, c’est le nombre et la force. Mais surtout la force.

BRISS : Transformer la crise hospitalière en levier de résilience
18 nov. 2025 - 09:35,
Actualité
- Rédaction, DSIHLa plateforme BRISS, portée par l'ARS et la FHF Bourgogne-Franche-Comté, révolutionne la formation des établissements de santé en France en proposant des séries immersives inspirées de crises réelles comme la cyberattaque du CH de Pontarlier en octobre 2025.
Digressions sur la cyber et les enjeux climatiques
17 nov. 2025 - 20:53,
Tribune
-Cela nous pendait au nez : l’époque est aux questions semi-existentielles sur les enjeux climatiques, et la cyber, longtemps restée à l’écart, voit le sujet arriver par différentes sources et sous différentes formes, dont l’amendement sur les enjeux climatiques de la 27001.
