La réussite des attaques par rançongiciels repose-t-elle toujours sur un débordement de mémoire tampon ?
L’expérience des uns ne semble malheureusement pas bénéficier aux autres, même si nous sommes tous émus par les attaques de grande ampleur vécues par d’autres, d’autant plus lorsqu’elles touchent des établissements de santé. Alors faut-il avoir vécu un incident pour être sensibilisé ? Cela semble être dans la nature humaine et ça commence très tôt. Nos parents nous disaient : « attention, ça brûle ! », mais ça n’empêchait pas la majorité d’entre nous d’y mettre les doigts pour essayer, et comme dans les attaques « cyber », les séquelles ont pu être différentes suivant les situations, du simple avertissement au passage aux urgences. Aujourd’hui l’histoire se répète avec nos enfants et nous imaginons parfaitement la frustration qu’ils ont pu avoir lorsque nous n’écoutions pas leurs précieux conseils sur ce qu’ils avaient vécu.
Notre mémoire nous fait-elle défaut ? Avons-nous tendance à oublier la douleur avec le temps ? Le début de la crise sanitaire que nous vivons toujours (me semble-t-il) n’est pas si loin, et pourtant certains semblent avoir oublié les fondamentaux, un peu comme dans le domaine de la sécurité des SI là encore. Lors d’un récent test de dépistage Covid, alors que j’attendais mon tour sur le parking de la pharmacie, je vois arriver la personne en charge d’effectuer les tests, sans blouse, sans gants et sans masques (les fameux EPI). Elle était certainement vaccinée me direz-vous, mais une nouvelle fois, comme dans le monde numérique, disposer d’un antivirus ou d’un EDR sur notre machine ne devrait pas nous dispenser d’utiliser un compte sans privilèges administrateurs pour les tâches du quotidien, de segmenter correctement nos réseaux ou encore d’avoir des mots de passe soigneusement choisis et différents pour chaque usage. Après plusieurs allers-retours avec ses bâtonnets à la main, elle vient finalement annoncer à la petite mamie garée à côté de moi : « Je suis désolée Madame Michu (oups RGPD), vous êtes encore positive ! ». Et comme pour la sécurité des SI, difficile de faire adopter aux utilisateurs les bonnes pratiques lorsque nous ne les appliquons pas nous même. Ni une, ni deux, Madame Michu est sortie de sa voiture sans même un masque sur le nez, partager son rançongiciel pulmonaire dans le centre commercial d’à côté, véridique !
L’attaque par rançongiciel oubliée de certains, est pourtant bien un risque auquel nous avons été sensibilisés dès le plus jeune âge avec la comptine de la mère Michel [1]. Souvenez-vous, elle avait perdu son chat et le père Lustucru qui annonçait l’avoir retrouvé lui disait : « Donnez une récompense, il vous sera rendu ».
Alors si nous sommes tous susceptibles d’être victimes d’un « buffer overflow » (débordement de la mémoire tampon) ou de perte d’informations en cache, le cybermois [2], est une occasion de plus de rappeler à tous, et se rappeler, les enjeux et les bonnes pratiques en matière de sécurité numérique.
Restons #TOUSCYBERVIGILANTS
[1] https://www.les-comptines.com/la-mere-michel/
[2] https://www.ssi.gouv.fr/actualite/cybermois-2022-agir-ensemble-face-aux-rancongiciels/
L'auteur

Chef de projet sécurité numérique en santé - GCS e-santé Pays de la Loire Charles Blanc-Rolin est également vice-président de l’APSSIS(Association pour la promotion de la Sécurité des Systèmes d'Information de Santé)
Article connexe → Vu à Santexpo – Projets numériques : un risque de surchauffe ?
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