Publicité en cours de chargement...
Se saborder, mode d’emploi
Le 18 juillet dernier, on apprend que le gouvernement américain tire la sonnette d’alarme concernant FaceApp, l’application la plus téléchargée du Google Store, et qui en gros permets de tripatouiller les photos de visage. Le hic, c’est que la société à l’origine de cette appli n’est pas américaine, mais russe, et basée en Russie. Le sénateur Chuck Schumer s’inquiète de l’impact sur la sécurité nationale de cette application, et c’est le moment précis où je me tort de rire : ben oui, les yankee rien ne les dérange quand c’est eux qui stockent les données de tout le monde (la main sur le cœur en regardant la bannière étoilée avec une larme au coin de l’œil, juré craché ils n’espionnent personne), mais dès lors que les Russes (et bientôt les Chinois) vont faire la même chose, ils trouvent tout de suite cela moins drôle. Etrange que certains consultants m’expliquent à longueur de powerpoint que le Cloud est l’avenir de l’humanité et qu’il faut « vivre avec son temps » (sic), mais le fait que les premiers pourvoyeurs de ce genre de services ne l’envisagent pas autrement que stockés chez eux, administrés par eux et contrôlés par le gugusse à la mèche blonde ne semble émouvoir personne.
Partant de là, le fait que Google vient de décrocher la certification HDS pour ses 25 datacenters – dont aucun en France, mais répartis en Europe, en Asie et sur le continent américain, et bien entendu aucun en Chine ni en Russie - procède du même dépeçage du patrimoine national que sont les données de santé. La France ne fabrique plus ses systèmes d’exploitation, est dépendante de l’étranger pour ce qui est de ses systèmes de sécurité (firewall, antivirus, etc.), ne fabriquera bientôt plus les composants électroniques de base, et dans la même veine est en train de se faire dépouiller de ses données, tout va bien ! A ce rythme et dans moins de 20 ans, nous serons un cyberpays sous-développé, dépendant entièrement de l’étranger pour la fourniture des technologies de base, allant du matériel aux logiciels et à l’IA. Pour la prochaine certification HDS, je propose de la délivrer à Huawei et au FSB (services secrets Russes) histoire d’équilibrer un peu.
Et tout cela dans une joyeuse fêtes où le champagne pétille, au nom du principe de concurrence (sur lequel les yankee s’assoient allègrement quand il s’agit d’un domaine relevant de la sécurité nationale, posez-donc la question à Chuck). Un peu comme les pirates dans Astérix, qui dans certains albums sabordent eux-mêmes leur vaisseau sans qu’Obélix soit obligé distribuer des baffes.
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Des bonnes pratiques internationales pour l’IA dans le médicament
27 jan. 2026 - 08:45,
Actualité
- Damien Dubois, DSIHLe 14 janvier, l’Agence européenne des médicaments et la Food and Drug Administration américaine ont diffusé dix principes pour le développement et l’utilisation de l’IA dans le cycle de vie des médicaments.

Le CHU de Bordeaux lance un projet 5G pour soutenir de nouveaux usages hospitaliers
23 jan. 2026 - 12:45,
Actualité
- Rédaction, DSIHLe CHU de Bordeaux a annoncé le lancement du projet 5MART HO5PITAL, reposant sur le déploiement d’une infrastructure 5G au sein de l’établissement. Mené avec Bouygues Telecom Business, le projet bénéficie d’un financement européen et vise à accompagner l’évolution des usages numériques hospitaliers.

TEHDAS2 : chantiers décisifs pour l’Espace européen des données de santé en 2026-2027
12 jan. 2026 - 22:25,
Actualité
- Rédaction, DSIHLa deuxième consultation publique du projet TEHDAS2 s’est clôturée le 30 novembre 2025, après avoir recueilli les contributions sur onze lignes directrices techniques clés. Portés par un consortium de 29 pays européens sous coordination finlandaise (Sitra), ces travaux visent à accompagner la mise e...

Accès transfrontalier aux données de santé dans l’UE : comment la technologie rend possible l’Espace européen des données de santé
08 déc. 2025 - 23:22,
Tribune
-La libre circulation dans l’Union européenne est une réalité. Travailler ou vivre dans un autre pays membre est devenu courant. Mais l’accès aux soins, lui, reste souvent limité par les frontières. Une opération urgente en vacances, un traitement commencé ailleurs – et les données médicales nécessai...
