Certification HDS : puissance VS souveraineté
En ce qui concerne l’obtention de la certification, force est de constater, que la souveraineté ne fait pas partie des critères retenus, même si à une époque, la « géolocalisation » du data center accueillant les données s’est posée. Ce qui a d’ailleurs fortement incité Microsoft a ouvrir des data centers sur le sol Français.
La « territorialité » des données et le RGPD suffisent-ils à assurer la confidentialité des données ?
Le Cloud Act [2} nous montre que non puisque le gouvernement américain peut ordonner à toute entreprise américaine proposant un service d’hébergement de données de lui fournir les données qu’il demande, et ce, peu importe le territoire sur lequel est situé le data center hébergeant les dites données.
Alors même si nous n’avons peut-être pas grand choses à craindre des juges américains en ce qui concerne la confidentialité des données de santé hébergées dans un data center « américain » situé sur le sol français, n’oublions pas que nous laissons une « porte ouverte ». Il y a d’ailleurs beaucoup plus fort à craindre des services de renseignements, comme l’a souligné Guillaume Poupard, questionné sur le sujet, lors des dernières Assises de la Sécurité à Monaco :
« J’ai plus peur des services de renseignements que des juges. »
À ce propos, les révélations d’Edward Snowden sur le programme PRISM [3] nous ont démontré que les acteurs américains ne faisaient pas obstruction aux sollicitations des services de renseignements de leur pays.
Alors, même si je ne doute absolument pas que Microsoft dispose des moyens techniques pour assurer un taux de disponibilité des données supérieur à des acteurs du secteur de la santé français, quoique… doit-on faire abstraction des risques liés à la confidentialité ?
Car même si l’intégrité et la disponibilité des données se placent bien avant la confidentialité dans la hiérarchie du besoin en matière de sécurité des SI de santé, je pense que la certification HDS devrait permettre d’obtenir un niveau largement suffisant pour ces deux premiers critères, sans avoir besoin d’aller chercher plus de puissance chez les GAFAM.
De leur côté, vu qu’ils refusent l’utilisation d’un antivi-RUSSE, ainsi que des routeurs chinois, je ne suis pas certain que les américains accepteraient de voir leurs données de santé hébergées par une société étrangère, qui, de plus, aurait l’obligation de fournir des données à la demande de son gouvernement.
[3] https://fr.wikipedia.org/wiki/PRISM_(programme_de_surveillance)
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

SantExpo 2026 : data, interopérabilité, cybersécurité… les SI de santé à l’épreuve des usages
02 avril 2026 - 09:36,
Communiqué
- SantExpo 2026Alors que les établissements de santé et médico-sociaux accélèrent leur transformation numérique, les systèmes d’information entrent dans une phase décisive : celle des usages. Interopérabilité, qualité de la donnée, cybersécurité, souveraineté et déploiement de l’IA structurent désormais les priori...

Un voyage, une urgence - et des données qui franchissent une frontière
23 mars 2026 - 18:24,
Tribune
-Marc a 54 ans, vit en Allemagne et aime voyager. Cette fois-ci, il a choisi la France. Soleil et bonne cuisine. Tout se déroule parfaitement - jusqu’au moment où, lors d’un dîner, il est soudain pris de vertiges. Son cœur s’emballe, sa respiration devient difficile. Quelques minutes plus tard, Marc ...

Health Data Hub et Microsoft : un cadre juridique clarifié, une souveraineté à construire
23 mars 2026 - 09:58,
Actualité
- Rédaction, DSIHEn validant l’autorisation donnée au Health Data Hub pour traiter des données de santé hébergées par Microsoft en France, le Conseil d’État consolide le cadre posé par la CNIL dans sa décision du 20 mars 2026, relative à l’autorisation CNIL 2025‑013 (délibération n° 2025‑013 du 13 février 2025, proj...

Avec les holographes et jumeaux numériques, la chirurgie cardiaque entre dans une nouvelle ère
03 mars 2026 - 07:52,
Actualité
- Pierre Derrouch, DSIHRennes et Toulouse expérimentent depuis l'été 2025 des technologies d'imagerie holographique et de modélisation 3D pour améliorer la précision des interventions cardiaques. Ces innovations s'inscrivent dans un mouvement international dont les bénéfices cliniques commencent à être démontrés.
