Publicité en cours de chargement...

Publicité en cours de chargement...

DPI de GHT : habilitations et contrôles, partie III

20 fév. 2018 - 09:44,
Tribune - Cédric Cartau
Dans une première partie(1), nous avons examiné les deux grandes familles de politique d’habilitation dans les accès à un DPI d’établissement de santé. Nous en avons conclu que la seule méthode viable à terme au sein d’un GHT était celle du contrôle a posteriori. Dans une deuxième partie(2), nous avons décrit les trois conditions pour s’acheminer vers ce mode de gestion : concertation entre les CME, systèmes homogènes de sanctions au sein de tous les établissements du GHT et généralisation de l’analyse des traces d’accès.  

Concernant ces dernières, justement, une réflexion s’impose. Certes, tous les DPI de bon aloi stockent les traces (au sens technique du terme) des accès aux données (qui ouvre quel écran, pour voir quoi, pour écrire quoi, pour modifier quoi, à quelle heure, etc.), mais cela ne suffit pas : il faut analyser les traces, et la stratégie à mettre en place comporte plusieurs couches

Première couche, le service en charge d’analyser les traces doit être capable de lancer une requête d’analyse (s’entend au travers d’une IHM normale, et pas en mode grep sur des fichiers texte) sur suspicion ou dénonciation. Ne pas être taillé pour ce faire, c’est être très clairement en faute vis-à-vis de toutes les réglementations habituelles dans ce domaine (RGPD entre autres). L’outil d’analyse doit être en mesure de partir soit d’un patient donné (qui a eu accès à son dossier entre telle et telle date), soit d’un praticien donné (à quoi il a accédé). Attention, les traces sont très verbeuses, et rien que les personnels des admissions ou de la facturation en génèrent des quantités astronomiques. Même avec un bon outil, c’est souvent l’histoire de l’aiguille dans la meule de foin. 

Deuxième couche : le DIM doit pouvoir lancer, à intervalle régulier (tous les mois) des requêtes dont il a défini les aspects fonctionnels mais qui ont pu être fabriquées par la DSI, et pour des cas que l’on sait être des anomalies. Par exemple, un accès à un dossier patient décédé depuis plus d’un an (c’est un exemple) est une anomalie, tout comme l’accès à un dossier patient d’une unité par un personnel soignant d’une autre unité. Etc., etc., etc. Au fur et à mesure de la découverte de nouvelles familles de cas d’anomalies (pas d’inquiétude, la nature humaine est riche en inventivité, il y en aura à la pelle), il faut étoffer la bibliothèque de requêtes mise à disposition du DIM. 

Troisième couche, la bonne vieille technique des pots de miel, qui consiste à créer un dossier patient bien visible (par exemple, celui du directeur général mais avec une légère faute d’orthographe dans le nom de famille) et de positionner des alertes dès qu’un gugusse tente d’y accéder. Je connais un DIM qui procède de la sorte : effet garanti. 

À ce sujet justement, d’aucuns prônent un contrôle accru des dossiers médicaux des patients que sont aussi les agents, au motif que les cas d’indiscrétion les plus courants les concernent. Si le besoin est réel et indiscutable, il pose problème au regard de la réglementation Informatique et Libertés : il implique d’interconnecter les fichiers des agents et celui des patients, et là se pose un souci. Quelle garantie offrir aux agents qu’aucune requête dans la base ne sera passée pour vérifier qui a consulté ou pas ? Le RGPD va peut-être permettre de traiter cela en mode risque, mais avec des conséquences en termes de contrôles additionnels. Je ne suis cependant pas persuadé que le dispositif d’interconnexion soit efficace. Soit l’accès au DP est réalisé par un personnel appartenant à l’unité d’hospitalisation et le caractère indu sera difficile à prouver, soit le personnel qui a accédé au DPI n’appartient pas à la même unité d’hospitalisation et cet accès indu est supposé avoir été repéré par les requêtes génériques. Et surtout, je ne suis pas certain que le risque induit par l’interconnexion des fichiers RH et DPI pour l’agent ne soit pas supérieur au gain hypothétique généré par les contrôles.

Si vous pensez que je délire en matière d’exploitation des traces, sachez que les commissaires aux comptes commencent à demander des preuves d’analyse des traces dans tous les logiciels qui manipulent des flux financiers : GEF, RH bien entendu, mais aussi GAM puisque les actes y sont cotés. Les établissements ne resteront pas longtemps à l’écart des contraintes de l’analyse régulière de ce genre de traces et de rapports écrits traçant ces analyses. Et au sein d’un GHT, il y a aussi fort à parier que dans un DPI de GHT convergé, le RGPD imposera rapidement le même type de dispositif. À bon entendeur…

À suivre.


(1) /article/2834/dpi-de-ght-habilitations-et-controles-partie-i.html 

(2) /article/2844/dpi-de-ght-habilitations-et-controles-partie-ii.html 

Avez-vous apprécié ce contenu ?

A lire également.

Illustration Lancement d’un appel à projets Achats innovants

Lancement d’un appel à projets Achats innovants

14 avril 2026 - 08:34,

Actualité

- Damien, Dubois

Le 10 avril, le ministère de la Santé a annoncé le lancement d’un appel à projets pour accélérer l'adoption d’innovations matures dans les établissements de santé via la commande publique en partenariat entre l’AIS, l’ANAP et la DGOS.

Illustration Comment obtenir l’unanimité sur le choix d’un DPI commun, l’exemple du GHT du Var

Comment obtenir l’unanimité sur le choix d’un DPI commun, l’exemple du GHT du Var

31 mars 2026 - 08:42,

Actualité

- Pierre Derrouch, DSIH

Au GHT du Var, la convergence des systèmes d’information franchit une nouvelle étape, avec l’officialisation fin janvier 2026 d’un DPI commun pour ses sept établissements. C’est la fin du support d’un DPI utilisé en psychiatrie qui a constitué le déclencheur. La contrainte technique a été transformé...

Illustration Speech Processing Solutions dévoile Philips SpeechLive Health, un nouvel assistant IA conçu pour la documentation clinique moderne

Speech Processing Solutions dévoile Philips SpeechLive Health, un nouvel assistant IA conçu pour la documentation clinique moderne

25 mars 2026 - 14:46,

Communiqué

- Speech Processing Solutions

Speech Processing Solutions, leader mondial des solutions professionnelles de dictée et de traitement de la parole commercialisées sous la marque Philips, annonce le lancement de Philips SpeechLive Health, un assistant de documentation clinique basé sur l’IA conçu pour les professionnels de santé. C...

Illustration Dedalus et Inovie renouvellent leur partenariat pour le déploiement à grande échelle de la suite InVitro

Dedalus et Inovie renouvellent leur partenariat pour le déploiement à grande échelle de la suite InVitro

25 mars 2026 - 08:24,

Communiqué

- Dedalus

Dedalus, acteur majeur de la numérisation des laboratoires de biologie médicale, et INOVIE, acteur majeur du diagnostic médical en France, annoncent la signature d’un partenariat stratégique d’une durée de cinq ans, portant sur le déploiement de la suite Dedalus InVitro en mode SaaS.

Lettre d'information.

Ne manquez rien de la e-santé et des systèmes d’informations hospitaliers !

Inscrivez-vous à notre lettre d’information hebdomadaire.