Modernisation des SIH : un bilan mitigé
Les hôpitaux publics et privés à but non lucratifs consacrent 1,2 milliard d’euros chaque année aux fonctions informatiques et y affectent plus de 3 000 emplois exprimés en équivalents temps plein, soit 419 millions d’euros de dépenses. Malgré cet effort conséquent, le marché français de l’informatique hospitalière est caractérisé par un grand nombre d’établissements à équiper, le premier d’Europe devant l’Allemagne et le Royaume-Uni. Sa croissance (+4,1 % par an) est en outre entretenue par les plans nationaux successifs (Hôpital 2007 et Hôpital 2012) qui ont bénéficié de financements spécifiques à hauteur de 462 millions d’euros entre 2008 et 2015.
Des avancées inégales dans le déploiement des SIH
Selon la Cour des comptes (1), l’informatisation des processus de soins, bien que fortement engagée, reste incomplète. L’informatisation du dossier du patient a une portée variable dans les établissements qui l’ont achevée (55 %) ou engagée (37 %). Peu d’établissements ont totalement supprimé le papier. Au chapitre des fonctions administratives, les outils de comptabilité analytique sont loin d’être complètement déployés, tandis que ceux d’aide à la décision sont généralement insuffisants. « Tous les établissements ne disposent pas encore de comptes de résultat analytiques, ni de tableaux “coût case mix” pourtant obligatoires en application du code de la santé publique », remarquent les conseillers référendaires.
Qu’il s’agisse de l’informatique médicale ou de gestion, la conduite des projets est souvent imparfaitement assurée en raison des faiblesses de leur maîtrise d’ouvrage. Les décalages sont fréquents. Selon les conseillers référendaires, 30 % des opérations soutenues dans le cadre du plan Hôpital 2012 étaient encore en cours deux années après le terme du plan et 10 % ont été déprogrammées.
Les nouvelles étapes du plan Hôpital numérique
Si le plan Hôpital numérique (2012-2017) vise à remédier au niveau hétérogène de l’informatisation des hôpitaux par la fixation de seuils de sécurité et de services attendus à atteindre, les résultats ne sont pas au rendez-vous. L’année dernière, seuls 41 % des établissements présentaient un niveau de sécurité suffisant au regard des critères fixés. Très peu d’établissements ont atteint le niveau requis en matière d’utilisation des applications de dossier médical, de partage de données concernant le patient (interopérabilité) ou de pilotage médico-économique. De nouvelles étapes devraient être engagées pour satisfaire trois priorités nationales : l’interopérabilité des applications opposables aux éditeurs de logiciels, le renforcement de l’appui aux établissements par les ARS et l’Anap et la sécurisation des choix informatiques des établissements dans un marché fragmenté comprenant 767 logiciels de santé proposés par 277 éditeurs.
(1) Dans un rapport sur la sécurité sociale publié le 20 septembre 2016.
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