Confidentialité numérique et données de santé : une enquête de l’Apssis révèle les futurs comportements de la génération Z
La moitié des adolescents interrogés déclarent faire confiance à Internet. Ils sont du reste nombreux à utiliser leur propre identité pour s’y afficher et à y livrer des informations personnelles. 88 % d’entre eux savent en outre que toutes les données qu’ils publient sont conservées sur Internet, sans qu’ils y voient le moindre problème (pour 62 %). « Il est à cet égard intéressant de leur demander s’ils savent où sont stockées leurs données sauvegardées par leur montre connectée », s’amuse Damien Bancal, spécialiste du cybercrime et contributeur de l’enquête Apssis. « Les adolescents […] pensaient que ces informations n’étaient stockées qu’à leur poignet. »
Des données personnelles de santé en échanges de services
79 % des adolescents du panel se disent plutôt d’accord avec le principe de partager leurs données de santé avec leur mutuelle ou leur assureur au travers des applications et objets connectés qui les collecteront, dans la perspective d’obtenir des tarifs adaptés à leur cas particulier. D’ailleurs, ils sont 77,5 % à estimer que leurs données de santé sont moins importantes que leurs données bancaires. « Partager de nombreuses informations personnelles via leurs applications sans trop se soucier des risques fait partie de leur quotidien. Pourquoi cela changeraient-ils leurs habitudes pour les données de santé ? », s’interroge Vincent Trély, président de l’Apssis.
Il y a ceux qui font confiance au médecin et à l’État pour se charger de la protection des données, et les autres, à la fois inquiets et ignorants du fonctionnement d’Internet et des applications collectant leurs données. Et puis, ce qui se cache derrière les applications qu’ils utilisent, notamment en termes de gestion de la vie privée, ne les intéresse pas vraiment. « Une fois l’inquiétude passée, c’est le service rendu par l’application qui prévaut », poursuit Vincent Trély.
Finalement, ce qui ressort de cette étude de l’Apssis, c’est que pour la génération Z le deal sera simple : laisser l’accès à ses données est par principe acquis, mais dépendra du bénéfice apporté par l’application collectrice.Selon le président de l’Apssis, « on peut alors imaginer que dans un futur proche nous serons tracés, géolocalisés et que nos données intimes seront agrégées par des plates-formes privées, mais nous serons d’accord. Car le retour sur investissement nous sera favorable. Il me semble également certain que la nouvelle génération prendra conscience de la valeur de ses données personnelles et décidera de les monnayer… Après tout, si la matière, ce sont les données, il serait bien légitime de rémunérer leur production ».
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