
Publicité en cours de chargement...
Google pourrait-il connaître l’état de santé de tout le monde ou presque ?
Mi-juin, le site AP News [1] révélait que Google traçait en permanence les déplacements des utilisateurs des services mobiles Google, aussi bien sur Android que sur iOS, et ce même si l’utilisateur a explicitement spécifié dans les paramètres de confidentialité des applications Google qu’il souhaitait désactiver l’historique de ses déplacements.
Chaque lancement de l’application Google Map, chaque requête sur le moteur de recherche via l’application Google, chaque mise à jour automatique du service météorologique sur Android, et Google stocke la position GPS de l’utilisateur.
Chez vous, dans votre magasin préféré, à la gare, mais aussi dans un établissement de santé, chez un praticien spécialisé, Google sait où vous vous trouvez à tout moment, et peut potentiellement en déduire votre état de santé.
Prenons l’exemple d’un patient qui passe trois après-midi par semaine dans un établissement de santé proposant une activité de dialyse, dont le smartphone va enregistrer la localisation, admettons toutes les heures. Google n’aura pas besoin d’un algorithme complexe d’intelligence artificielle pour en déduire que son utilisateur est atteint d’une insuffisance rénale.
D’après AP News, plusieurs paramètres permettraient de désactiver ce pistage permanent, même si une désactivation du GPS lorsque vous n’en avez pas besoin reste la solution la plus fiable.
Vous me direz, d’un côté, nous l’avons peut-être un peu cherché à partir du moment où nous faisons appel aux services des Gafam.
Mais un récent article du magazine Bloomberg [2] révélait que Google avait signé secrètement un accord avec MasterCard afin d’obtenir les données de paiement « hors ligne » de ses clients. Google aurait donc, grâce à ce partenariat signé pour une durée de quatre ans, la possibilité de connaître les montants et les lieux des transactions réalisées par les utilisateurs de cartes de paiement MasterCard, non pas sur le Web, mais bien chez l’épicier du coin ou encore chez le garagiste.
Alors si un patient règle ses frais d’hospitalisation, une consultation chez un spécialiste, là encore Google sera en capacité d’établir un « bilan de santé » de l’utilisateur, et ce même s’il a laissé son smartphone à la maison.
Si ça peut vous rassurer, l’article indique que, pour l’instant, seules des données des résidents américains font actuellement partie de cet accord.
En revanche, l’article nous apprend également que lorsque Google a annoncé le lancement de son service d’audience des achats hors ligne aux États-Unis, le géant de la recherche a indiqué pouvoir accéder à environ 70 % des cartes de paiement américaines, ce qui laisse supposer que la firme n’accède pas uniquement aux données de MasterCard.
Une porte-parole de Google explique que la société n’accède pas aux données personnelles des utilisateurs de cartes de paiement et qu’elle n’est pas en capacité d’identifier les personnes qui ont réalisé des paiements hors ligne. Mais d’un autre côté, elle indique également que les utilisateurs ont la possibilité de désactiver ce pistage dans leur compte Google. Cherchez l’erreur.
[1]
[2]
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

Facebook à la conquête des données de santé ?
10 avril 2018 - 11:08,
Tribune
- Charles Blanc-RolinDécidément Facebook n’en fini pas de faire couler de l’encre, ou de remplir de pixels nos écrans en ce moment.
Le ROR comme référentiel socle
30 jan. 2024 - 09:59,
Actualité
- DSIH, Damien DuboisLe 23 janvier 2024, l’Agence du numérique en santé a annoncé le lancement du circuit de signature de la convention de fonctionnement du ROR avec la DGOS, la DGCS, la CNSA et l’ARS.

2026 : la fin de l’Espace, du Temps et de la Vie privée
27 jan. 2026 - 08:37,
Tribune
-Cédric Cartau analyse comment le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), initialement conçu pour lutter contre la criminalité sexuelle, est devenu en moins de 30 ans un outil de fichage de masse. En s’appuyant sur l’essor de la recherche par parentèle, il interroge les conséqu...
Google et CrowdStrike, ou les prémisses de la fin d’un monde
10 sept. 2024 - 08:33,
Tribune
- Cédric CartauRécemment, votre serviteur a dû appeler sa banque pour procéder à une opération très anodine : l’extension de son découvert autorisé. Précisons tout de suite que je suis client dans la même banque depuis plus d’un quart de siècle sans aucun incident bancaire. Ne voilà-t-il pas que mon chargé de comp...


