Publicité en cours de chargement...
RGPD dans les hôpitaux, chronique d’une prise en main – épisode 3
Globalement, les outils à mettre en œuvre sont en nombre limité – et heureusement. Cartographie des traitements, analyse d’écart, plan d’action, EIVP (étude d’impact sur la vie privée), ISP (intégration de la sécurité dans les projets), nous avons cité les principaux. Il y a, comme à chaque fois dans ce genre de projets, deux approches générales : le mode top-down, et le mode bottom-up.
Dans tous les cas, il s’agit avant toute chose de commencer par cartographier les traitements existants. Cette étape est importante et elle réserve des surprises, souvent bonnes. Par exemple dans mon CHU, au début des années 2000 la méthode de conformité Cnil revenait à déclarer tous les logiciels, et non pas les traitements. Or, un traitement englobe souvent plusieurs logiciels (il existe de rares cas où un logiciel comporte plusieurs traitements, notamment dans le domaine de la recherche, mais ils restent l’exception). Résultat : nous avions une liste de 409 déclarations Cnil. Détail amusant : la Cnil que j’ai contactée pour qu’elle me fournisse ce catalogue, histoire de vérifier que je n’avais pas de trous dans la raquette, a été totalement incapable de me fournir les éléments. Passons.
Or, un traitement c’est une finalité, des données collectées, des personnes qui les utilisent. Un premier nettoyage, basé sur ce principe, nous a permis de ramener ce décompte à 21 traitements, ce qui change pas mal la donne (et accessoirement a fait chialer quelques consultants et commerciaux de boîtes de conseil, qui avaient déjà rempli le bon de commande du Cayenne ou du Q7 en anticipant la prime de fin de trimestre).
La stratégie top-down va consister à dérouler une analyse d’écart à partir de l’état des lieux des traitements, en partant de la liste ci-dessus, en analysant les écarts pour chaque traitement (Excel travaille pour vous), en compilant ces listes d’écart pour constituer des chantiers (Excel bosse encore), lesquels seront positionnés dans le temps. Cela fonctionne, c’est quasi exhaustif, et à l’arrivée le maillot est trempé, mais on a réduit le risque de non-conformité à epsilon.
La stratégie du bottom-up s’élabore à partir des traitements les plus sensibles : dans un établissement de santé, il s’agit des traitements relatifs aux données patients (administratifs et médicaux, ce qui en fait deux), aux RH (parce que c’est là que les auditeurs viennent creuser la plupart du temps) et éventuellement aux événements indésirables (le truc dont les champs à commentaires font voir rouge la Cnil). On déroule ensuite tout le processus RGPD (inscription au registre, EIVP, suivi des mesures de sécurisation) pour ces quatre traitements (par exemple un par mois), le reste des traitements sera ainsi étalé dans le temps, sur une durée de 12 à 18 mois. En réalité, le risque de non-conformité est faible puisque la plupart de ces traitements ont déjà été déclarés à la Cnil : il n’y a que le cas du changement au sein dudit traitement qui impose de rejouer le RGPD.
Suite au prochain épisode.
(1) /article/2580/rgpd-dans-les-hopitaux-chronique-d-une-prise-en-main-episode-1.html
(2) /article/2636/rgpd-dans-les-hopitaux-chronique-d-une-prise-en-main-episode-2.html
Avez-vous apprécié ce contenu ?
A lire également.

RGPD chez France Travail : les questions de fond
02 fév. 2026 - 22:49,
Tribune
-Vous n’avez pas pu la rater cette amende de 5 millions d’euros infligée par la Cnil à France Travail. On se souvient que l’organisme public a été la victime d’un vol massif de plus de 35 millions de données personnelles : les noms et prénoms, les numéros de sécurité sociale, les identifiants France ...

D4Evolution 2026 : l’IA pour planifier et le Command Center pour piloter, quand l’efficience hospitalière devient une discipline à part entière
02 fév. 2026 - 10:55,
Actualité
- Par Pauline NicolasDans un environnement hospitalier caractérisé par d’importantes tensions sur les équipes et une accélération de la transformation numérique, la seconde conférence plénière de l’évènement annuel de Dedalus France a permis de présenter des solutions concrètes pour améliorer l’efficience hospitalière. ...

Mon espace santé veut devenir un pivot de la prévention personnalisée et de la coordination des soins
29 jan. 2026 - 12:07,
Actualité
- Rédaction, DSIHQuatre ans après son lancement, Mon espace santé franchit une nouvelle étape. Après avoir concentré ses efforts sur l’alimentation massive et sécurisée des données de santé, le carnet de santé numérique public entend désormais se positionner comme un outil central de prévention personnalisée et de c...

La Poste Ventures, fonds d’investissement du groupe La Poste, entre au capital de Yooli, start-up de la e-santé, spécialiste de la digitalisation du parcours patients
29 jan. 2026 - 10:34,
Actualité
- Rédaction, DSIHLa Poste annonce l’entrée de son fonds d’investissements La Poste Ventures au capital de Yooli. La start-up toulousaine a développé un portail numérique qui facilite le parcours de soin des patients et leur gestion par les établissements de santé. Cet investissement stratégique pour La Poste Santé &...
